Elevée par ses grands parents

Phobie scolaire lecture difficile

Un bébé tout seul

Cette femme de 35 ans avait décidé de faire un bébé toute seule après avoir gravi les échelons d’un statut social élevé : elle dirigeait une entreprise de deux cents employés, roulait en Porsche, résidait dans un loft de 160 m², parcourait le monde, avait son coach sportif, son psy hebdomadaire et surtout offrait à sa fille une vie dorée encadrée par des grands-parents très aimants et présents. J’ai fait la connaissance de sa fille à son entrée au CP.

Elle exultait en mathématiques, en langage, en écriture mais n’arrivait pas à lire à voix haute.

Des longs cheveux blonds atteignaient sa taille, ses grands yeux bleus dominaient un visage d’ange souvent fermé à la communication. C’était une contemplative qui jouissait du bonheur des autres élèves chahuteurs, jouant, chantant ou riant en classe. Elle a passé son année à accomplir toutes ses tâches scolaires sans aucune rébellion de sa part ; elle exultait en mathématiques, en langage, en écriture mais n’arrivait pas à lire à voix haute. Elle mémorisait les sons, les lettres, les syllabes par contre elle ne parvenait pas à décoder un mot ou un petit texte d’une manière fluide.

Les non-dits :  Un papa imaginaire

Elle comprenait le sens cependant elle était incapable de lire ! En qualité d’enseignante, j’exprimais mon inquiétude quant à ce blocage : je conviais régulièrement la maman pour lui donner les moyens de revoir ce qui avait été appris en classe. Malgré nos nombreux échanges, sa fille ne savait pas lire en mai alors qu’elle réussissait dans tous les autres domaines. Elle dessinait merveilleusement bien et représentait souvent un papa imaginaire.

J’ai proposé à cette maman de provoquer chez son enfant un déclic qui pourrait la libérer de son blocage. Je lui ai suggéré de profiter du pont de l’Ascension pour lui montrer son papa qu’elle n’avait jamais rencontré.

Lorsque cette petite fille est revenue de son long week-end, son expression avait changé surtout son regard !

La transformation

Elle a appris à lire en quinze jours d’une manière fluide et audible. La transformation a été rapide puisqu’elle lisait des livres de CE1 début juillet. Le soir des vacances, la maman m’a offert un énorme bouquet de fleurs avec ce petit mot que je n’oublierai jamais : « Merci de m’avoir ouvert les yeux ! Merci de m’avoir fait comprendre qu’on ne peut pas concevoir un enfant sans lui dire les choses. Merci d’être vous ! Bonnes vacances bien méritées !»

Moralité :

Quelle que soit l’histoire d’un enfant, il a besoin de connaître la vérité, même si elle paraît difficile, douloureuse ou dérangeante pour l’adulte. Le non-dit peut mener à des situations irréversibles qui auront un impact tout au long de sa vie !

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